dimanche 23 octobre 2016

Oufti, déjà le 23 ?!

Nous revoilà devant notre clavier, après un période de chômage technique dû à l'absence de WiFi dans notre nouvelle maison ! C'est tout de suite moins facile d'écrire avec son téléphone, seul appareil connecté de la maison. Et oui, parce qu'ici, les opérateurs télécom ne sont vraiment pas sympa et bloquent les téléphones portables pour nous empêcher de partager notre connexion avec un ordinateur.
Bon, c'est vrai qu'on a Internet depuis une semaine maintenant... Mais le temps passe trop vite !

A la fin de l'épisode précédent, nous allions arriver chez nous, en sachant qu'on aurait ni électricité, ni chauffage. La perspective de douches froides nous réjouissait ! Les solutions proposées par notre gentil propriétaire n'ont pas été très efficaces, nous avons donc demandé à notre hôte Airbnb de rester quelques jours de plus. Il a accepté et ça nous a même permis d'utiliser sa voiture un peu plus longtemps pour finir nos courses d'emménagement. Sympa !
L'électricité est arrivée lundi, comme promis, on a donc pu avoir de la lumière et se faire à manger.

Soyons honnêtes, c'est pas moi qui faisais à manger, je ne faisais que poser.
Pour le chauffage, c'est autre chose : on a réalisé que le chauffage de tout l'appart était contrôlé par un seul thermostat... dont les piles étaient A PLAT !! Evidemment, on s'en est rendu compte trop tard pour aller racheter des piles, mais on s'est dit qu'on était des hommes, des vrais, et qu'on pouvait bien survivre une nuit au frais. On a survécu, c'est le mot, parce qu'on a eu vraiment très très froid sur notre matelas pneumatique...
Ensuite, avec deux piles et un manuel utilisateur de 122 pages, on y arrive. A peu près... Disons qu'au début, on cuisait dans certaines pièces et qu'on caillait dans d'autres. Mais dans l'ensemble, après deux semaines, on commence à bien piger le fonctionnement et ça va. On a tout de même un peu peur de voir l'hiver arriver.


On a aussi commandé nos meubles chez Ikea, ils sont arrivés en un peu moins de deux semaines, vendredi dernier. On a maintenant un formidable canapé, un fauteuil tout aussi formidable, un lit fantastique... (je vous passe l'égouttoir et le balai à chiottes).

Lupus le poseur.

Non, Lupus n'est pas en train de charger.

On a aussi un joli meuble TV (derrière le Lupus connecté) mais sans TV. Celle qu'on a commandé est arrivée après soit-disant 4 tentatives (et au moins autant de coups de téléphone à Fedex pour nous plaindre...). Et quand elle a fini par arriver, l'emballage était éventré. Elle est donc repartie chez le vendeur, sans passer par la case Meuble TV, sans toucher $20,000.
On se console en écoutant la radio et on regardant des séries sur l'ordinateur ou la tablette.
La radio c'est quand même assez particulier. Déjà, elles ont des noms étrange. Genre WYSL, WRUR ou WXXI, avec un petit spot publicitaire à chaque fois qu'on l'allume ("Support for WXXI comes from our members and l'épicerie du coin, qui vend des couches-culottes et des coton-tiges, ouverte du lundi au vendredi de 9am à 9pm et le samedi de 9am à 7pm, visitez leur page web sur épicerieducoin.org"). On trouvait ces radios pas mal, jusqu'à ce qu'on tombe sur des émissions politico-extrémistes se focalisant sur le maquillage d'Hillary Clinton lors du dernier débat pour les présidentielles... On a mené notre enquête et on a appris que ces radios louaient leur antenne à des associations en soirée et le weekend, (pour le meilleur et) pour le pire !

Pour le reste, on regarde tranquillement les meubles disponibles sur Craiglist, la version américaine de ebay (oui, je sais, ebay est américain, mais vous avez compris, quoi). On est notamment tombés amoureux de ce petit secrétaire : 

Et la petite chaise qui va avec.

Xavier va au labo à vélo ! La veille de la rentrée, nous lui avons trouvé des lampes et un joli casque tout neuf ! 20 minutes de trajet, entre la dernière caresse à Lupus et le moment où il s'assit à son bureau. Tant qu'il ne neige pas !

Un casque de vélo vert flashy, en souvenir de notre voiture !

Après les premiers temps consacrés en grosse partie à l'administratif et autres formations e-learning (validés par un ministre ?) sur la sécurité au labo, Xavier commence un peu à maniper. Il me parle de ses cellules qui ne poussent pas à la même vitesse que celles qu'il utilisait d'habitude (je vous passe les détails, je n'ai pas tout retenu). Enfin, ça se passe bien, il commence déjà à retourner travailler le dimanche, c'est bon signe ! Non ?

Côté météo, on vient de profiter des trois semaines les plus belles de l'année, avec des dégradés de vert au rouge dans les arbres, un superbe soleil, une température douce... On a eu droit ensuite à 3 jours de pluies intenses, non-stop. Sans doute un avant-goût de l'hiver. Une sorte d'avertissement... (Ned, si tu nous regardes, Winter is coming !)
Xavier a appris par une collègue que les voitures doivent être déneigées tous les jours pendant l'hiver, sinon de la glace se forme et il n'y a plus qu'à attendre le dégel pour la réutiliser...

Côté transport, comme nous n'avons pas (encore ?) de voiture, nous faisons les courses en bus. L'arrêt est à 5 minutes de chez nous, le trajet dure 25 minutes. Il y a qu'un bus par heure, donc autant dire qu'on ne flâne pas trop dans les magasins et qu'on garde un œil sur la montre.


On a aussi tenté des alternatives aux grandes surfaces, mais on ne peut déjà plus compter dessus. Je suis allé au marché de South Wedge (notre quartier) mais c'était déjà le dernier de l'année, à cause du froid. Il n'y avait d'ailleurs déjà plus grand monde. Il y a aussi un marché dans l'hôpital où travaille Xavier, mais pareil, il va s'arrêter après la semaine prochaine. Ils reprendront sans doute en mai ou juin de l'année prochaine.

Entre-temps, à Rochester, on hiberne.

mardi 4 octobre 2016

On your mark, get set, GO!

Bon alors quand on dit rapide, il faut bien penser que tout n'est pas aussi rapide que ça en fait !
Nous, on est rapides, pour trouver, choisir, signer un appartement. Mais la compagnie de gaz et électricité de Rochester ne semble pas aussi pressée que nous.
Lundi, après avoir fait notre entrée à l'Université de Rochester (j'y reviendrai dans un instant, soyez pas si pressés, rooh), j'ai appelé RG&E (Rochester Gas and Electric) pour ouvrir un contrat chez eux.


Première question : quel est votre numéro de sécurité sociale ?
Le numéro de sécurité sociale, c'est LE sésame ! Enfin, après le VISA, le DS-2019, le I-94, le driver license, la VISA (ne pas confondre l'autorisation de rentrer sur le territoire et la carte de crédit, attention ! Et le numéro de sécu ainsi que la carte de crédit sont nécessaires pour pouvoir passer le permis... Bref, je digresse...).
Le numéro de sécurité sociale ne peut être demandé que 10 jours après l'arrivée sur le territoire et uniquement par quelqu'un qui travaille. Et une fois qu'on a fait la demande, il faut encore attendre plusieurs jours pour que la carte de sécurité sociale soit envoyée. Bref, la galère... Mais heureusement, la solution pour RG&E si on n'a pas de numéro de sécu, c'est d'aller sur place pour ouvrir un nouveau contrat.
Me voilà donc parti downtown, East Ave, pour faire la file chez RG&E. Là, tout s'est bien passé, il m'a fallu 30 minutes pour tout faire.
Mais... Ils ne pourront pas mettre l'électricité et le gaz en route avant lundi 10 ! Sachant qu'on emménage jeudi 6, ça promet des douches froides mais surtout des dîners (froids) aux chandelles et ça, ça vaut le coup ! C'est l'aventure !

Un peu en avance pour la Saint Valentin, mais on fait ce qu'on peut...
À cela, il faut ajouter que nous n'avons pas de lit, pas de matelas, il n'y a pas d'Ikea proche d'ici et si on se fait livrer, ça n'arrivera pas avant plusieurs jours (prévisions de Xavier, optimiste), voire une semaine ou deux (prévisions de Francis... moins optimiste). On ne connait pas encore la rapidité d'Ikea. Et dans les magasins proches, ce n'est pas vraiment ni notre goût, ni notre budget.
Heureusement, une idée de génie est venue de notre roommate... Que n'y avions-nous pas pensé plus tôt ! Un matelas pneumatique ! Qui nous servirait maintenant et quand on aurait du monde à la maison. Bon, le souci, c'est que dans notre ère (ou air) moderne, les matelas se gonflent avec une pompe électrique.... Heureusement, notre proprio a eu pitié de nous et devrait nous filer une rallonge depuis le garage : "Ça sera toujours l'aventure mais au moins, vous pourrez allumer une lampe ou deux et recharger vos téléphones."
Tiens, pour fêter ça, une photo de notre proprio, adepte des concours de moustache :
C'est un artiste !
Revenons au lundi matin (comme je vous l'avais promis) :
Nous avons été accueillis par l'ISO, le service de l'immigration au sein de l'université. On nous a expliqué plein de choses, sur les visas : ce qu'ils impliquaient, ce qu'on devait faire pour les maintenir... On nous a vendu les couleurs chaudes en automne des arbres autour des Fingers Lakes et les séances de canoë sur les lacs...
On nous a appris des choses sur les lois fédérales ou de l'Etat de New York, comme par exemple qu'il n'est pas obligatoire de passer le permis, que l'on peut conduire avec un permis européen mais qu'en revanche, le moindre avertissement pour conduite sous influence (d'alcool) peut nous valoir une suppression de notre visa, sans même forcement en être avertis. Imagine - tu passes un we au Canada et quand tu veux revenir à Rochester, la porte est fermée... C'est comme rester coincé dehors parce que tu as oublié les clefs dans ton appartement. Et va trouver un serrurier pour rentrer à nouveau...


Aujourd'hui, mardi, on a ouvert notre compte en banque américain. On n'a pas pu prendre de Credit Card parce qu'il faut un numéro de sécurité sociale pour ça... Mais on a pu prendre une visa tout de même, en mode carte de débit.
Xavier est quelqu'un d'important, maintenant. Il a un travail, des réunions, le directeur du NIH (aka le ministère de la santé des Etats-Unis d'Amérique) vient vendredi dans son labo, il a donc pris une carte sage, sobre, basique, bleue, triste et sans intérêt.
Moi, j'ai choisi la carte cool et branchée, fun et bigarrée. La grande classe ! Tout Rochester va m'envier !
N'est-elle pas magnifique ?

Et puis, pendant que Xavier travaillait, j'ai commencé à remplir mes papiers pour avoir le droit de travailler. Moi aussi, je veux devenir quelqu'un d'important et avoir le ministre du e-learning qui vient me voir !
Il faut que j'envoie par la poste à Dallas un courrier avec 20 feuilles, avec mon passeport, mon visa, mon DS-2019, mon I-94, le formulaire I-765, le formulaire G-1145, le passeport de Xavier, son visa, son DS-2019, son I-94, deux photos d'identité et une lettre de motivation. Il faudra que je donne mes empreintes à un moment donné de la procédure, mais vaille que vaille ! :-) Réponse dans 1 à 4 mois (le temps de lire tous les documents, certainement).

Eux non plus ne sont pas très pressés, en fait.

dimanche 2 octobre 2016

C'est une maison bleue...

Voilà, c'est fait !
On a signé le bail avec les propriétaires de la maison bleue de Cypress St dans South Wedge ! Nous devrions avoir les clés mardi ou mercredi, le temps de contacter le fournisseur d'électricité et de gaz et qu’il lance la machine. On vous avait dit qu'il y avait moyen que ce soit rapide !

Notre porche !

Donc voilà, un appartement de 906 pieds carrés (environ 84 m2) avec deux chambres (guests are welcome!) dans un quartier vraiment sympa à mi-chemin entre le centre ville et le labo, accessibles en ½ heure à pied. Le bail dure jusqu'à fin mai parce que c'est la fin de l'année étudiante et que tout le monde change d'appart à ce moment-là. Il y a donc beaucoup plus de choix qu’à cette époque-ci de l’année si on décide de déménager. Enfin, ça, c’est si l'hiver se passe bien et qu’on ne meurt pas de froid entre temps.


Hier et aujourd'hui, on a également tenté notre chance dans des Garage Sales, c'est à dire des brocantes individuelles. Merci Marielle pour le super tuyau, ce fût un échec cuisant !
A la première tentative, il n'y avait personne à l'adresse indiquée. On a cru s'être trompés d'heure, mais quand on est revenu plus tard dans la journée, il n'y avait toujours personne. C’était peut-être pas le bon jour, le bon mois, ou la bonne année…
Au deuxième garage sale, il n'y avait que des truc moches et inutiles, genre des cadres poussiéreux avec de vieilles photos des oncles et tantes brushingués à l’américaine... Idéal quand on cherche à meubler son appart, en fait !
Au troisième, on ne s'est même pas arrêtés : il y avait la police et des caméras partout au milieu de maisons abandonnées, on se serait cru sur le plateau d'une série policière...
A la quatrième tentative, on est allé dans un quartier huppé, mode Wisteria Lane, mais personne n'a jamais répondu à nos coups de sonnette. Notre voiture (une épave gentiment prêtée par notre hôtesse) ne devait pas être assez grosse et clinquante pour les intéresser...
A la cinquième tentative, le vendeur qui était supposé déménager le lendemain ne vendait que des vieilles vis, deux trois vinyls et une figurine Tex Avery tout crado... On regrette de ne pas avoir pensé à prendre des photos !
On nous expliqué par la suite que les garage sales étaient beaucoup plus fructueux en été. Souvenez-vous, c’est quand tout le monde déménage ! Donc, les garage sales, on oublie pour l’instant. On va essayer les dépôts de meubles demain sur les conseils de notre hôtesse.

En tout cas, heureusement qu’on nous laisse utiliser cette voiture, on serait vraiment embêtés sinon. Il n’y a pas vraiment de magasins accessibles à pied, et pas plus d’un bus par heure qui fait tout le tour de la ville avant de t’amener à ta destination. On s’est également inscrit à Zipcar, un service de location de voiture très utilisé ici. Ça permet de louer des voitures garées dans des parking répartis dans la ville pour de courtes durées (1 heure à 24 heures) et à prix démocratique. On attend la validation de notre dossier. On va essayer de gérer avec ça et des vélos au début. On verra à quel moment on décidera d’acheter une voiture !


Ce soir, nous avons dîné avec nos roommates : un thai (on a fini par capter son nom, c’est Monkol, si si), un chinois (on n’est toujours pas très sûr de son nom à lui… un truc comme Zaine) et notre hôtesse américaine (Jennifer, facile). Très bon moment autour d'un Bordeaux (acheté une fortune au liquor store) et d'un chili (cuisiné façon thai). C'était très sympa de pouvoir discuter tous ensemble.
Evidemment, dans ce genre de diners, les sujets principaux tournent autour des différences culturelles, et avec un tel échantillon, c'est vrai que ça devient vite intéressant, même si ce n'est pas toujours évident, en anglais et avec des accents aussi forts.

Sinon, l’anglais rentre dans nos têtes : Lupus s’est mis à aboyer cette nuit et Xavier l’a engueulé en anglais !
En revanche, on a pas bien saisi si Lupus avait aboyé en français ou en anglais… Ce n’était pas en belge, il n’a pas aboyé qu’une fois.